jeudi 22 février 2007
Proposons un autre avenir à notre jeunesse qu’un paquet de dettes.
En 1945, la jeunesse de France a eu à relever l’immense défi de la reconstruction, physique et morale, d’un pays mis à terre en cinq semaines et saigné par la guerre. Notre jeunesse n’est pas moins capable que celle qui s’est mise au travail dans la fin des années quarante et les années cinquante, et qui est aujourd’hui à la retraite.
Il faut proposer un autre avenir à notre jeunesse que de payer les dettes de trente-trois années de gestion pitoyable. Construire une France solidaire entre les générations, qui s’appuie sur les mérites et qui deviendra autonome à 100% dans son énergie, je pense que c’est non seulement mobilisateur, mais porteur d’enthousiasme. Je propose plusieurs défis à nos jeunes. Ils vont avoir à transformer la société de gaspillage en une société de mesure, ce qui permettra de mieux respecter notre terre et de la laisser intacte aux générations d’après. Soyons ambitieux : réduire de moitié en cinq ans les déchets émis par chaque foyer (plus d’une demi-tonne par an et par individu actuellement) n’est pas hors de portée. Le recyclage des matières premières, l’utilisation parcimonieuse de ce que l’on tire de la terre sont des priorités urgentes. C’est plus enthousiasmant, à mon avis, que cette société de consommation qui fait que le lin produit en Normandie fasse 24 000 km de voyage pour aller en Chine et nous revenir sous forme de vêtements. Autre défi : nous autonomiser dans la production énergétique. En abaissant de 19,6% à 5,5% le taux de TVA pour la construction de logements à haute qualité environnementale, en dix ans, nous réduiront de 80% les dépenses de chauffage, d’éclairage et de climatisation pour plus d’un cinquième du parc des habitations. L’énergie éolienne, les piles à combustibles, la géothermie, l’énergie solaire, le nucléaire maîtrisé peuvent nous permettre de diviser par plus que deux en dix ans notre consommation de pétrole, de gaz et celle d’énergie fossile. Cela vaut la peine qu’on s’y mette tout de suite. On a trop souvent oublié de dire à notre jeunesse qu’ils doivent être fiers du travail de leurs anciens, et que les infrastructures (chemins de fer, téléphone, réseaux électriques, routes...) qu’ils utilisent chaque jour ont été construites par des générations de Français. Renouer des liens de solidarité entre les génération est un autre défi urgent.





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