“Allons danser”. J’ignore si l’artiste sera largement diffusé sur les radios, car il parle comme j’écris. Lisez à votre tour ce que chante Sardou : “Parlons d'abord d'égalité, égalité des chances, égalité des droits, pas celle qui plombe à la naissance, parce que celle la c'est chacun pour soi. Parlons aussi fraternité, d'où que tu viennes bienvenue chez moi. En sachant qu'il faut respecter, ceux qui sont venus longtemps avant toi. (refrain : et puis allons danser pour oublier tout ca, allons danser. Personne n'y croit. Allons danser même sur n'importe quoi mais allons danser. Et ça ira.). Dire aux hommes qu'ils se sont échoués, qu'on peut refaire sa vie plusieurs fois, sans un mot tout recommencer, se prendre en charge et pas charger l'état. Dire aux enfants qu'on va changer l'éducation qu'ils ont, pas celle qu'ils n'ont pas. Ajouter qu'il faut travailler, riche et célèbre c'est comme un chèque en bois. (refrain... ). Parlons enfin des droits acquis alors que tout tout passe ici bas. Il faudra bien qu'on en oublie sous peine de n'plus jamais avoir de droits. Admettons enfin vous et moi que nous sommes tous des hypocrites la vérité ne nous plaît pas alors on a le pays qu'on mérite. (refrain). Oui, le saltimbanque a brigrement raison : la France est hypocrite, et la vérité ne lui plaît pas. De ville en ville, je chemine pour aller dire la vérité : notre pays doit se ressaisir tout de suite, à peine de voir son système social s’effondrer brutalement. Les déficits, c’est une drogue immorale : on présente la facture aux générations d’après. La dégradation de notre environnement, ce n’est pas mieux : après nous, le déluge, alors qu’on emprunte notre bonne vieille terre aux générations futures. Chanteur populaire, au bon sens du terme, Michel Sardou est aussi l’héritier d’une dynastie de saltimbanques profondément enracinée dans notre culture. S’il n'écrit pas les textes de ses chansons, souvent, elles ont pourtant une résonance forte par la voix qui est la sienne. Bienvenue chez les lucides.