Au début de l’année 2006, il a été le tout premier à relayer officiellement mes mises en garde sur la dérive des comptes publics et l’ampleur de la dette de l’Etat, comme celle des engagements “hors bilan”. S’il reste président du conseil de surveillance de BNP Paribas et un homme influent dans le milieu des affaires, il préside l’Institut de l’entreprise et met le point sur les problèmes essentiels, que je suis seul parmi les candidats à vouloir placer au centre du débat public. Pour que je puisse être en mesure de le faire, la balle est dans votre camp... car c’est à vous qu’il appartient d’aller convaincre les maires de la France rurale de ne pas s’abstenir de parrainer, et de présenter ma candidature ! Pébereau est clair : “Pour avoir la légitimité démocratique nécessaire, il faut, à notre avis, que les responsables politiques aient bien informé l'opinion de ces problèmes à traiter et fixé les grandes lignes des solutions qu'ils envisagent dans les débats précédant l'élection”. Il a raison de constater dans son langage châtié (on ne se refait pas) que les performances de la France en matière de croissance et d'emploi ne sont pas à la hauteur de nos attentes. Notre taux de croissance, qui avait été l'un des plus élevés des pays industrialisés jusqu'au début des années 80, a été depuis lors en retrait par rapport à celui des économies les plus dynamiques, et l'écart s'est accentué au cours des dernières années. Et puis, le marché du travail se caractérise en France, bien plus qu'ailleurs, par l'exclusion d'une part importante de la population : nous souffrons depuis 25 ans d'un chômage structurel considérable. Notre niveau de vie, s'il augmente chaque année, a cessé de converger vers celui des économies les plus riches : de la fin de la guerre jusqu'au début des années 80, notre PIB par habitant n'a cessé de se rapprocher de celui des Etats-Unis et il était en 1980 supérieur de 15 % à celui des pays de l'actuelle zone euro. Depuis, l'écart de notre PIB par tête avec celui des Américains s'est creusé, et il a retrouvé son niveau de 1970, alors que le niveau de vie des pays de la zone euro a rejoint le nôtre. C’est un constat.