jeudi 22 février 2007
Bien que l’Etat ponctionne plus qu’ailleurs, l’hydre gonfle.
Les “années Giscard” avaient permis de maintenir peu ou prou les grands équilibres, malgré les erreurs du plan de relance Chirac de 1974-1975 (qui a gonflé les importations), avec même une année d’équilibre budgétaire sous Raymond Barre (Monory était aux finances), malgré deux chos pétroliers de grande ampleur, tout en finançant le développement de notre réseau téléphonique, des autoroutes et du parc de centrales nucléaires qui nous donne l’électricité la moins chère d’Europe aujourd’hui.
On a tendance à oublier que la France fut un “bon élève” et qu’il n’y avait qu’un million de chômeurs fin 1980, contre quatre fois plus aujourd’hui. La dette publique a été multipliée par cinq, en euros constants, depuis 25 ans. Elle est passée du cinquième aux deux tiers de notre production nationale. Cette explosion ne s'explique pas par des circonstances exceptionnelles, comme une croissance trop faible ou des taux d'intérêt trop élevés. Elle résulte du fait que chaque année depuis 25 ans, nos administrations publiques sont en déficit. Et pourtant, elles peuvent compter sur des recettes très élevées : la France est le pays du G7 qui a le plus haut niveau de prélèvements obligatoires. S'il leur faut s'endetter, c'est que le niveau de nos dépenses publiques est plus important encore : 53,5 % du PIB ! Ces dépenses et ces déficits publics ne sont pas le résultat d'un effort structuré pour la croissance et la préparation de l'avenir : les investissements publics ont diminué et l'effort en matière de recherche et d'enseignement supérieur a stagné. Une grande partie de la dette a servi à financer les dépenses courantes de l'Etat. Comble de l’ignominie pour les générations futures, 100 milliards d'euros de dettes ont même été contractés pour couvrir une partie de nos dépenses de santé, que nous reportons ainsi sur les générations à venir ! Pour tous les gouvernements depuis 1981, de Mauroy à Chirac, en passant par Fabius, Balladur, Jospin, Raffarin et Villepin, le recours à la dette a été une solution de facilité : il a permis de compenser une gestion insuffisamment rigoureuse des finances publiques. Les lourdeurs et les incohérences de notre appareil administratif, qui ne cesse de grossir, sont, constate aujourd’hui Michel Pébereau après que je l’ai affirmé, une première explication de cette situation.





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