jeudi 22 février 2007
Nos pratiques politiques et le gouvernement par les sondages.
Collectivement, toute la classe politique sortante est “coupable”. Elle n’a cessé de gouverner en regardant l’opinion publique de l’instant, qui n’a plus été dirigée que par des chefs myopes, l’oeil vissé sur le rétrviseur au lieu d’anticiper, avec l’horizon en ligne de mire.
Ce sont nos pratiques politiques et collectives qui sont à l'origine de notre problème et notamment notre préférence pour la dépense publique, dénonce justement l’Institut de l’entreprise. Nous avons pris collectivement l'habitude de faire de la dépense publique la réponse systématique et parfois unique à tous nos problèmes. Les responsables politiques sont de plus en plus jugés par l'opinion sur deux critères : le montant des moyens supplémentaires dégagés et la rapidité avec laquelle ils sont annoncés. Cela conduit à un empilement de dépenses et à une perte d'efficacité, les nouvelles mesures visant souvent à toucher le plus grand nombre de personnes, alors que l'efficacité supposerait une concentration des moyens. En théorie, il appartient à nos responsables politiques de faire en sorte que le débat public, notamment celui qui précède les élections, pose vraiment les problèmes économiques et sociaux qui sont déterminants pour notre avenir. C’est ce que j’essaye de faire, mais il faudra pour cela que mes lecteurs aillent à la “pèche aux parrainages”. C'est la seule façon de donner au gouvernement la légitimité politique nécessaire pour traiter ces problèmes quand il le faut. Rappelez-vous 1988 : Raymond Barre, seul lucide, a prêché dans le désert. Le thème de la campagne était "ni nationalisation, ni privatisation", ce qui n'est pas un programme pour traiter des problèmes de croissance et d'emploi. En 1995, ce fut la fracture sociale : comme il n'a pas été question du problème du financement des régimes sociaux, le gouvernement n'a pas pu ensuite le traiter légitimement et Juppé s’est embourbé dès les grèves de décembre. Une partie de l'opinion s'est opposée à un projet dont la nécessité n'avait pas été évoquée avant l'élection. En 2002 aussi, le débat a évité les vrais problèmes en raison des circonstances : les réformes ont été ensuite difficiles et limitées. Il est urgent que les problèmes que j’évoque soient traités. Pour cela, il faut absolument qu'ils soient dans le débat électoral actuel. Voilà pourquoi je me présente, vous le savez... et libre à vous de faire en sorte que ce soit possible en allant convaincre un par un les maires “non inscrits” de parrainer la candidature d’un véritable homme libre.





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