S’il est conscient de la gravité de la situation, pourquoi ne le crie-t-il pas sur tous les toits ? En 1939, certains dirigeants savaient que notre armée n’était pas (de loin), prête à affronter la toute nouvelle armée allemande. Le défilé du 14 juillet 1939 fut applaudi, pourtant, sur tous les bancs de la classe politique, comme une “démonstration de force”. Un an plus tard, c’était l’armée allemande qui défilait sur les Champs Elysées à Paris. Nous sommes en guerre économique. Nos combattants (les entreprises) sont braves et vaillants. Les pouvoirs publics devraient leur faciliter la tâche. Ce n’est pas le cas. Au contraire, on constate que ceux qui se battent pour la France, pour l’emploi des Français, ont les pieds entravés (la paperasse), des menottes aux mains (une sur-règlementation qui change tout le temps)... et un sac de quarante kilos de cailloux sur les épaules (la dette publique). Les démagogues en campagne, pour masquer leur responsabilité directe, prennent l’excuse de l’euro, trop fort, et attaquent la Banque centrale européenne. C’est indigne et injuste. L’Allemagne voisine ne produit pas de pétrole, comme nous, a la même monnaie que nous, depuis plusieurs années, et a dégagé un excédent commercial (record) de 170 milliards d’euros en 2006, contre un déficit de 30 milliards d’euros pour la France. En Espagne, après le colossal effort fait par les deux gouvernement Aznar, les socialistes de Zapatero se sont bien gardés d’ouvrir de nouveau le robinet des dépenses : les années se suivent, les excédents budgétaires augmentent, la dette tombe (moitié moindre qu’en France en poids sur le PIB) et l’Espagne prospère. L’Espagne a également, comme l’Allemagne et nous, zéro pétrole et l’euro fort. Ces deux pays ont choisi l’effort et le redressement de leurs comptes publics avant que l’effondrement de l’Etat et des systèmes sociaux n’intervienne. Ce que nos voisins ont fait, nous pouvons le faire, dès maintenant, même si on s’y prend avec retard.